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REGISTRES DU BUREAU
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ville de Paris pour le leur faire entendre et accorder avec eulx des despesches qui seront neccessaires, que vous ferez dresser, et les m'envoyrez incontinant après pour les signer et les vous renvoyer tout aussi tost, et je vois prier Dieu, Mess™, qu'il vous aict en sa saincte garde. Escript à Chantilly, le xxvnr5 jour de Juillet mil v° .xvi. »
Signé : CHARLES. Et au dessoubz : Bourdin.
Et au doz est escript : A Mess" les Chancelier, de Morviller W, et evesque de Limoges f2' et autres conseillers de mon Conseil privé estans à Paris.
IIIe MIL LIVRES ACCORDÉES AU RûY.
Après la lecture faicte desd, lectres en lad. compaignée, et la matiere mise en deliberation, a esté conclud qu'il sera accordé au Roy de le secourir de lad. somme de uf mil livres à constitution de xxvm livres tournois de rente sur la subvention du clergé, laquelle somme icelluy sr Roy promectra faire réaliser, et le contract qui en sera passé emologuer en la Court de Parlement'3', Chambre des Comptes, Generaulx de la Justice et partout ailleurs où besoing sera. Et si accordera led. Sr que, après le temps de lad. subvention passé, lad. somme de xxvm livres sera payée sur les décimes qui seront levées sur l'Eglise et sur les tailles et aydes de la. généralité de Paris, et aussi que nul ne sera contrainct, mais'sera lad. somme levée de gré à gré. Et neantmoings seront faictes remonstrances » Leurs Majestez, et pareillement à monseigneur le Chancelier et autres de
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Mess™ du privé Conseil des grandes sommes de deniers qui ont esté cy devant levées; au moyen de quoy le trafficq de la marchandise en est tellement diminué que l'on voit quasi l'estat des marchans aller à neant.
Suyvant laquelle deliberation, Mess" les Prevost des Marchans, esleu Prevost, Eschevin, acompaignez desires Henry L'Advocat, François Garrault, Claude Rousselet et autres marchans, sont incontinant allez devers mond. sr le Chancelier, auquel ilz ont faict lesd, remonstrances; lequel sr Chancelier leur a faict responce qu'il desplaisoit au Roy et à tous les princes et seigneurs de son Conseil de obliger le Roy ; toutesfoys que les affaires du Roy estoient telz et regardoient de si près l'estat du royaulme qu'il estoit neccessaire, en quelque sorte que ce soit, recouvrer lad. somme, et que le plus aisé moyen est de la lever à i-ente.
Voiage de mons' le Procureur du Roy et de la Ville.
Et le landemain matin, mons' le Procureur du Roy et de la Ville a esté depesché devers le Roy avec lectres et instructions pour faire à Sa Majesté semblables remonstrances; et est retourné, le premier jour d'Aoust, et faict rapport au Bureau que lesd, remonstrances avoient esté bien prinses tant du Roy que de la Royne, et pareillement des princes et seigneurs presens à icelles, mais que Sa Majesté luy avoit dict et chargé dire que s'il povoit declairer les causes secrettes '4> pour lesquelles il voulloit lever lad. somme, qu'ilz sont telles qu'il est bien asseuré que
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O Jean de Morvilliers, évèque d'Orléans, fut employé dans diverses négociations, notamment celle du traité de Cateau-Cambrésis, et devint garde des sceaux après la retraite de Michel de l'Hospital.
's) Sébastien de l'Aubespine, maître des requêtes, évèque de Limoges, puis de Vannes, diplomate distingué qui remplit de nombreuses missions en Suisse, à Worms, à Strasbourg, et fut envoyé comme ambassadeur d'Espagne en i56i, mourut le 2 août 1582; il était le frère du secrétaire d'Etat, Claude de l'Aubespine, très en faveur sous le règne de Charles IX, que Catherine de Médicis consultait dans toutes les affaires importantes.
'3) Le 20 août, le Parlement, après examen des lettres homologatives du nouveau contrat de constitution de 25,ooo livres de rente, résolut de présenter des remontrances, et à cet effet délégua d'abord auprès du Roi, alors à Monceaux, les présidents Baillet et Séguier, qui s'excusèrent, puis il confia cette mission, le 22 août, à Jacques Violle ét Jacques Allegrin. Charles IX, avisé de l'intention du Parlement, l'invita par lettres missives du 20 aoûtàlui envoyer sans retard les conseillers investis de ce mandat. Le 3i août,, les conseillers Violle et Allegrin étaient de retour et rendirent compte au Parlement de leur mission; ils avaient fait valoir en vain toutes les raisons qui empêchaient la Cour d'entériner ces lettres, suppliant le Roi d'avoir pitié et compassion de son pauvre peuple. Charles IX avait répondu qu'il entendait que ces lettres fussent enregistrées sans modification aucune; en présence d'une injonction aussi formelle, le Parlement décida que les lettres et le contrat seraient enregistrés; le 3o août, des lettres missives de Charles IX très pressantes mettaient le Parlement en demeure de s'exécuter, ce qu'il fit le 6 septembre. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1' 1619, fol. i65 v°, 179 r°. --6 r°, 248 r°, 391 v°.)
'*' Dans le préambule du contrat, Charles IX indiquait, assez vaguement d'ailleurs, les raisons pour lesquelles il se trouvait obligé de se procurer des ressources à bref délai; c'était, disait le Roi, afin de mettre en état de défense les places frontières, les garnir de gens de guerre, de vivres et munitions, àpour obvier aux inconveniens et surprinses qui s'y pourroient faire à l'occasion des troubles
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